Carnet de bord

mars 5th, 2009 by admin

Expé Sarek 2000, Laponie, Suède – du 8 au 23 avril 2000

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Avec : Greg, David, Geoffroy, FX, Jonas, Lulu, Ben, et … Fred qui prend la photo.


  • Vendredi : Derniers préparatifs…
    On vérifie les sacs de chacun, on embarque les tonnes de nourriture qui traînaient chez Dom, on aspire la renault espace (Geoffroy ne supporte pas la crasse…), on regarde l’itinéraire, on prend un dernier souper.
    Départ à 20h30, soit 2h30 de retard sur l’horaire. On laisse derrière nous Dom et Nico, qui nous regardent partir les yeux charges d’émotions.
    Nous roulons 300 km, on dort près de Dulmen.
    FX crève de froid dans son -18°c North Face. Il râle et jure de porter plainte en haut lieu. Et dire qu’on est qu’au sud de l’Allemagne…
  • Samedi : 1200 km de route, en passant le bateau (Danemark-Suède) en début d’après-midi. On dort près de Askersund.
    Fred a tout de suite compris les subtilités de la conduite suédoise… une route à 2 bandes assez large qui laisse 2 possibilités : soit on impressionne la voiture devant, qui se range sur le coté, soit on dépasse et la voiture qui vient en face devra se mettre un peu sur le coté. En fait, les suédois sont assez sympa, et c’est un peu la conduite classique là-bas.
  • Dimanche : Après avoir repéré la piscine et les “ horreurs boréales ” en maillot, on arrive à Kvikkjokk (prononcer comme ça s’écrit…) Il est 23h, on a bien roulé, on est crevé, une petite bouffe vite fait et dodo.
  • Lundi : Réveil vers 9h par des skooters qui longent nos tentes, on est en effet sur la “ Kungsleden ”, un immense circuit de randonnée (d’hiver ou d’été) qui traverse la Laponie.
    Premier objectif :
    Tour d’échauffement de 3 jours : monter un petit sommet à 1300 m.
    On prépare les sacs, on sert les bottines, on prépare les skis. On porte seulement 2 tentes pour 8 personnes, malgré les protestations énergiques de Fred qui jure qu’il ne dormira pas dans celle de 3 places…
    Départ…
    lap9big.jpg Démarrage diesel, on a besoin de chauffer un peu. Problèmes de mal aux pieds, de peaux de phoques mal réglées,… Après quelques heures de galère en azimut à travers les sapins, après avoir passé une petite barre rocheuse, après avoir progressé de seulement 3 km sur la carte, on s’arrête, et on plante la tente. On vient de passer la limite des arbres, le plateau commence devant nous… Magnifique séance de “ stage ” initiée par Geoffroy, on saute du sommet d’une corniche, et on arrive 3-4 m plus bas dans de la peuf.
    Après un bon souper, on se dirige vers les tentes (Fred dort dans la grande, il est content…). On découvre la possibilité de dormir à 4 dans la tente de 3, après des calculs savant de géométrie. Les chaussures et les gourdes ne font que réduire l’espace disponible, surtout la gourde ouverte qui crée un petit lac…
    Remarquons que le montage du camp a été grandement facilité par la grande expérience de Geoffroy acquise dans les Vosges (dixit Geo).
    On découvre qu’on ne sait pas se servir du GPS… tant pis.
  • Mardi : Lever du camp assez lent (2h30), et on démarre. On arrive sur le plateau, on enlève les peaux. En début d’après-midi, on dépose les sacs pour entamer le sommet, qui se situe à +- 4500 … pieds. Le verglas annonce l’arrivée au sommet, et le petit bout de chocolat bien mérité.
    C’est maintenant qu’on va rigoler : la descente… ça commence mal (verglas), mais ça se termine dans de la super neige. Geoffroy s’éclate en godille… David et Benjamin peinent un peu avant de retrouver leur niveau. Greg ne veut plus entendre parler de Télémark. Il neige quand on plante la tente, et Fred veut bien dormir dans la petite tente ! Il découvre la joie de la belotte (c’est débile) tandis que Jonas, Ben, David et Greg préfère le Trouducu dans la grande tente.
  • lap11big.jpgMercredi : Réveil à 8h,sous 10 cm de neige. On range tout, et on redescend sur le plateau à la boussole, sous une fine pluie de neige.
    David et Greg sont très satisfait du troc de ski qu’ils ont effectués (Telemark contre Rando).
    Arrivé à la frontière des sapins, on voie la descente à travers tout… Descente EXTREME entre les sapins, parfois une jambe de chaque coté, zigzag rythmé par le bruit des chutes de chacun…
    La plus belle gamelle est attribuée à Greg, qui en se déblayant d’une chute, frappe un sapin et reçoit un beau paquet de neige fraiche sur le nez (rire…). La neige est collante, et il faut parfois un moment avant de commencer à glisser. On arrive vivant en bas, et on rejoint Kwikkjokk en longeant la rivière.
    Arrivé à la voiture, on se rue dans un espèce de petit gîte confort, et pour 30Kr/pers, on peut tout envahir, faire puer le dry room, et prendre une petite douche. Pour la douche, Jonas hésite un peu, il en a déjà pris une avent de partir… On prépare une bouffe d’enfer dans la cuisine équipée, et FX sort une bouteille de vin… On se décide à quitter cet endroit douillet, et on va dormir sous tente.
  • Jeudi :jour 1: C’est partit pour le grand tour : 7 jour en autonomie dans le Sarek lever vers 8h20, il neige…lap11big.jpg On ne peut plus occuper le refuge, mais FX paye sa place pour faire sècher une tente, et faire le porridge. Préparation des sacs sous la neige, Fred pèse les sacs afin que chacun porte le même poids, tandis que Geoffroy “ n’a pas assez de volume, mais beaucoup de litre ”… Départ vers 12h30, fort dur… assez lent. La neige colle au ski, on soulève des kilos de neige à chaque pas, il neige… bref, c’est HARD.On suit la kungsleden, à travers bois et sur les lacs où des petits arbres sont plantés dans la glace pour indiquer la piste. Après une bonne journée, on arrive dans un petit refuge. Il est 17h30, la gardienne n’est pas très causante ni très accueillante. On plante la tente un peu plus loin. Une bonne petite bouffe (de la soupe au PEMICAN… délicieux et gras à souhaits) et au dodo, après être passés sur des “vrais” djokes.
  • Vendredi :jour 2: Lever à 8h30, petit déjeuner Crunchy-fruits-des-bois, remplissage des gourdes avec l’eau du lac. (là, c’est pas mal: pour ne pas devoir creuser tous les jours un trou, il y a un trou avec 2 plaques de frigolites et une planche en bois comme isolation.)
    Départ vers le Parc du Sarek, on quitte les sentiers battus…
    lap17big.jpgProgression difficile à travers bois, la neige colle, et elle n’est pas meilleure sur le plateau. Arrivés à une cabane, on espère pouvoir s’y abriter, faire sécher un peu nos affaires, mais c’est bien cadenasé… Même Greg n’arrive pas à ouvrir cette porte.
    On continue encore une heure, et on plante le camp, on mange des pâtes, c’est un peu juste… une fine pluie de neige tombe encore, depuis ce matin.<
  • Samedi :jour 3:Au lever, on (les plus rapides) a enfin vu quelques rayons de soleil. Une véritable oeuvre d’art avec des nuages un peu partout. Le porridge était meilleur qu’il y a deux jours, moins de flocons et plus de sucre. Le crunchy au fruit des bois est meilleur… malheureusement, demain, c’est du aux pommes (dixit Fred). Au début la neige n’est pas trop mauvaise, mais ensuite, ça se corse. Geoffroy commence à gémir pour ses tibias qui font de plus en plus mal. On ne voit pas grand chose, et Greg, qui fait la trace, se plante dans une pente qu’il n’a pas vu arriver. Le moral des troupes est un peu bof, et à midi, la tendance est plutot d’ecourter notre périple, parce que la neige colle partout et que c’est fort dur.
    L’après-midi, après avoir fait quelques kilomètres en glissant, F-X se ravisa et alla dans le camp du grand tour. On était à 4-4… égalité. Lulu avait vraiment envie de continuer, et il s’est concentré pendant 30 min sur la carte et a trouvé un itinéraire intermédiaire. ! re, qui a été adopté par tous.
    Ce soir, on a tous les dents du fond qui baignent et la peau du ventre bien tendue grâce à la viande en poudre. Jonas, Greg, David et Ben se sont occupés de faire fondre l’eau, et ont bien caillé avec ce gel extrême qu’il y a ce soir.
  • Dimanche :jour 4:lap7big.jpgCOCHONNERIE… la neige qui tombe dans les godasses. On s’est décidé de se lever 1 h plus tôt en espérant avoir de la meilleur neige. Au réveil, on a découvert tout surpris que le grand beau temps était enfin arrivé !!! Il fait plus froid que les jours précédents, et la neige est bonne. L’optimisme et la bonne humeur sont de retour. On démarre le sourire aux lèvres. Après quelques haltes (pour enlever les couches les unes après les autres), on entreprend l’ascension du col en transpirant à grosses gouttes sous le soleil. Paysage grandiose. Pour la première fois depuis trois jours, les peaux sont utiles, sauf pour Geoffroy, qui fort de son choix stratégique, nous distance un peu. On mange un dernier chocolat ensemble, et on attaque le sprint final.
    lap8big.jpgVue splendide au col, mais beaucoup de vent. Descente du col dans une neige fabuleuse. Grand bonheur pour Geoffroy et ceux qui ont la chance d’avoir des skis de rando. Gamelle pour les autres, sauf Lulu qui assure. On mange à hauteur d’un petit lac quelques parovitas, et on arrive sur un plateau à 1200 m, dans un cadre magnifique. Occasion de multiplier les pauses photos.
    lap12big.jpgOn plante le camp au milieu du plateau, David, Lulu et FX se lancent dans la construction d’un igloo, qui se transforme en pare-vent. Fred et Jonas décident de passer la nuit à la belle étoile. Ils se creusent des cercueils dans la neige, et s’y enfuissent vers 20h. A 10h du soir, ils y sont toujours. Le vent se lève, les nuages s’accumulent. Ils semblent s’accrocher, on (ceux des tentes) craint qu’il ne faille demain reboucher les cerceuils… (A suivre)
  • lap6big.jpgLundi : jour 5: 01h00: Fred rentre au bercail en mettant de la neige dans toutes les chaussures… cochonnerie ! Bien qu’il neige et vente, Jonas décide de continuer, on s’assure qu’il est toujours vivant. Vers 7h, Jonathan répond à l’appel, “fort dur”, il est vivant.
    Le mauvais temps se lève, on cuisine dans l’abri. Démontage des tentes assez difficile avec le vent. Malgré David qui roulait les mateles, et les skis, une des tentes failli s’envoler. On démarre en caillant, on ne voit pas grand chose. On doit arriver à un plateau intermédiaire: trop haut, c’est la merde pour redescendre, et trop bas, c’est tout en bas… On avance donc tout doucement, en frolant un ravin, et on arrive à ce petit plateau. La progression est de plus en plus difficile, le vent vient de face, et il grèle. c’est le white-out, on ne distingue presque plus le relief. On décide de redescendre dans la vallée, après avoir vérifié sur la carte qu’il n’y aura pas de surprise dans la descente. On fait partir une petite avalanche. Geoffroy se prend un petit ravin de 2m, on ne voit pas grand chose. On arrive à une cabane, fermée… On redémarre une dernière fois, ça ne glisse plus, même avec de la crème solaire sur les skis. On plante les tentes et mange. FX retourne à la ! ! cabane, il avait oublié son Litherman. On va dormir, en jouant aux cartes. Geoffroy aurait besoin de cours de Wist…(dixit Lulu qui n’aime pas perdre).
  • lap1big.jpgMardi : jour 6: Lever prévu à 7h00 mais on se lève à 8h20. Temps pas beau mais pas dégueux. Il commence très vite à neiger. La neige colle à mort. On longe la rivière. Geoffroy tente de traverser sur une plaque de glace au dessus d’un torent en furie. Il recule.
    Ensuite, c’est le slalom entre les trous d’eaux. Greg se casse la gueule près d’un trou.
    Vers la fin de la matinée, ça commence à glisser, mais on a faim, et on mange. Fred nous fait remarquer que les scouts c’est la merde alors que les Passeport-Machins, c’est génial car on rentre bien élevé chez soi. Du coup, chacun dit bien “s’il vous plait”, et si quelqu’un oublie, on lui fait remarquer. Lulu dit alors “stp” qui doit être interprété comme “sale trou du pet” ou “super top pro”. On est de retour dans la forêt.
    Après-midi, FX décide de carburer. On continue à un rythme d’enfer sur la rivière gelée, et on plante la tente vers 18h, après avoir hésité de rentrer jusqu’aux voitures. Il se met à pleuvoir.
  • Mercredi : jour 7: Réveil par des moto-neiges. On se lève sous une fine pluie, on mange avec un rayon de soleil, et on part. C’est le dégel, il fait relativement beau. Il ne faut qu’une petite heure pour atteindre la ligne d’arrivée.lap15big.jpgLa course :- Partant 5 min en avance, en dépit de toute sportivité, Geoffroy s’élance sans attendre que les autres soient prêts. Il est vite rattrapé par FX et Lulu, et la lutte s’engage. Confirmant son anti-sportivité, Geoffroy bloque le passage à Lulu qui arrive en trombe. Celui-ci est alors obligé de l’aider à se ranger sur le côté. Le manque de stabilité de Geoffroy le fait se retrouver le cul dans la neige, les skis déchausser… Nyerk, nyerk, nyerk. FX en profite intelligemment pour passer devant. Geoffroy revient la rage au ventre, il essaye de foutre Lulu (qui s’écarte pour le laisser passer) dans le fossé, mais se retrouve une nouvelle fois le cul dans la neige. C’est la dernière ligne droite, et FX et Lulu passent en premiers la ligne d’arrivée. Geoffroy arrive peu après, et se rue sur les voitures en beuglant “J’ai gagné: le premier c’est celui qui touche la voiture…”. La fatigue sans doute…)On pose les sacs, on est bien content de notre périple, soulagés d’être à la voiture, mais la tête encore un peu sur les plateaux à 1200m…
    Une bonne douche bien méritée, un demi litre de cidre chimique, et une bonne assiette de pâtes. Départ vers 17h, après avoir tout fait sècher. On roule jusque 20h30, et on s’arrête au “MAX Burger”.
    Là, c’est le dépaysement total… ils (les autochtones) mangent leur (1 seul) hamburger avec des couverts (on essaie, mais c’est impossible même pour des Passeport-machin), et le café et le thé sont gratos… Bref, on fait un peu les gros gaulois envahissant la Suède (juste retour des choses). On craque pour le deuxième service et pour la serveuse, qui craquant à son tour nous offre une petite gâterie: une glace. On se couche 30 km plus loin devant une centrale électrique.
  • Jeudi: On roule…
  • Vendredi: On roule…
    On arrive chez Dom, il est plus ou moins 21h, un bon repas nous attends. On évite un accident devant la maison de Dom… il faut rester vigilant jusqu’au bout. Dom et Nico sont là pour nous accueillir, on partage nos impressions, nos souvenirs notre bonne humeur et la complicité qui s’est crée entre nous durant ces deux semaines GRANDIOSES. lap3big.jpg

La Laponie et les Lapons

mars 5th, 2009 by admin

lac

La Laponie prolonge au Nord le socle du “Bouclier Baltique” et au Nord-Ouest la chaine scandinave. Lors des grandes glaciations quaternaires, le socle a été recouvert d’une calotte de glace, puis à la fin du quaternaire, le sol, débarassé du poids des glaces, s’est lentement (un mètre par siècle) surélevé. L’érosion a déterminé des moutonnements, des dépots morainiques enchâssant les lacs, des cordons de sable (osers), tout le choas de tros laissés par les culots de glace.

La Laponie se situe à mi-chemin entre l’Europe et les archipels glacés de la mer artique: Spitzberg, Terre François-Joseph, archipels sibériens. Aussi le climat est-il la résultante de cette latitude très septentrionale, du voisinage de la grande plaine russe et, jouant en sens inverse, de la présence d’une branche du Gulf Stream qui vient se perdre dans la mer de Barents; les températures sont relativement plus élevées sur le littoral qu’à l’intérieur des terres.

La population lapone s’élève à 35 000 habitants dont environ 10 000 établis en Suède. Le peuple lapon se qualifie lui-même de Same, mais depuis le Moyen-Age en Suède on use aussi souvent d’une dénomination que de l’autre: les textes officiels ne connaissent que les Lapons alors que la presse parle des Sames. Quant aux intéressés, ils semblent avoir une préférence pour le mot same.

Les Sames sont mentinnés pour la première fois dans l’histoire un siècle apres J.-C. par Tacite qui les appelle Fenni; Finne ou Finn, comme disent les Norvégiens, est donc une vielle appelation des Sames. Ils appartiennent à la culture artique, mais contairement aux autres peuples artiques, ils sont entrés très tot en contact avec les peuples plus méridionaux, et les brassages ont étés plus importants.

Ethnographie

On divise l’ethnie lapone en quatre groupes: les Lapons des montagnes, qui résident dans la chaine de hautes montagnes séparant la Norvège de la Suède avec les contreforts orientaux (lagfjällen) et les profondes vallées encaissées; les Lapons des forêts, de la Suède et de la Finlande septentionales ainsi que de la presqu’île de Kola, ces derniers étant des Skolts dont le nombre ne dépasse guère 5 à 600; les Lapons des lacs et rivières, que l’on rencontre surtout dans le Finnmark intérieur (Norvège), dans le Jämtland, et les vallées des grandes rivières suédoises; et enfin les Lapons du littoral que l’on trouve principalement en Norvège.. Ces diverses dénominations sont donc déterminées par les conditions géographiques et, tout naturellement, par le mode de vie.

Bien que le grand public soit porté à voir dans tout Lapon un nomade, et ceci depuis toujours, il s’avère que le nomadisme qui est relativament récent, est en voie de disparition. En effet, à l’origine, la pêche, la chasse, et un petit élevage de rennes constituait les ressources d’une communauté spontanément établie et fortement structurée à la tête de laquelle était placée une sorte de syndic. Les familles avaient, de décembre avril, un point central de rassemblement, le village d’hiver, lieu même ou devaient s’édifier au XVIIe siècle les premières églises lapones. Puis vint le temps ou le renne étant devenu l’élément essentiel de l’économie lapone, la vie quotidienne en dépendit tant qu’il constitua une économie naturelle, soit comme bête de trait, soit comme moyen de locomotion. Actuellement, en raison de l’industrialisation, le renne, dans l’économie générale du pays, n’est guère le plus souvent qu’un animal de boucherie qu’engraissent des propriétaires installés dans les régions de pâturage d’automne et de printemps, à proximité des forêts de conifères. Cette même industrialisation -établissement de voies ferrées, installations d’aérodromes, flottage du bois, exploitation des mines de Kiruna, de Gällivare (Suède), de Kirkenes (Norvège), création des centrales hydroélectriques de la vallée du Kemijoki (Finlande)-, tout en réduisant les superficies de pâturage pour les rennes, a offert d’autres débouchés aux Lapons et les propriétaires de troupeaux de rennes sont beaucoup moins nombreux qu’autrefois, sinon plus riches.

Les dialectes

La langue lapone, apparentée au Finnois, fait partie du groupe finno-ougrien qui comprend neuf langues. On connaît sept groupes de dialectes lapons qui ne tiennent pas compte des frontières nationales: le lapon de Kola est parlé à l’extrème Est, le lapon finnois, ou lapon d’Enare (Enari), est celui des alentours du lac Inari (Finlande), le lapon central, également appelé lapon septentrional, est parlé du point méridional de l’Ofotfjord (Norvège) jusqu’à Utsjoki (Finlande), en passant par le Finnmark et la vallée de la Torne (Suède). Viennent ensuite, dans le groupe des dialectes du Sud, le Lapon de Lulea, le lapon de Pitea, le Lapon d’Umea, et le lapon méridional. La frontière dialectale la plus nette est constituée par le fleuve Kalix. Au Nord de ce fleuve, les dialectes divers présentent beaucoup d’affinités, alors qu’ils en ont beaucoup moins avec ceux qui sont parlés au Sud.

En tant que langue littéraire, le lapon n’a eu qu’un emploi limité bien qu’il soit écrit depuis le XVIIe siècle, mais en fait la production littéraire ne concernait que des ouvrages religieux. Le Nouveau Testament a été traduit en 1755 et la Bible en 1811. C’est seulement au début du XXe s. que des écrivains lapons se sont exprimés directement dans leur langue. En 1910, Johan Turi a publié, en lapon tornéen, Muittalus samid birra (Récits sur les Lapons), traduit maintenant en plusieurs langues, et Récits de la montagne. C’est d’ailleurs le lapon tornéen qui sert de base à une langue écrite commune aux Sames de Suède et de Norvège. Un autre ouvrage en lapon pitéen a paru en 1937: Jahtee saamee viessom (Vie du lapon nomade). Nils Nilsson Skum a publié en 1938 des oeuvres graphiques réunies sous le titre Same süda (Village lapon), accompagnées de textes en Suédois et en lapon tornéen.
Skum est un lirique. Etant lui-même éleveur de rennes, il est naturel qu’à ses yeux, le renne symbolise la vie. Ses représentations de rennes, ou de troupeaux de rennes révèlent une compréhension, un sens du rythme qui doit beaucoup plus à une intimité entre l’auteur et le monde lapon qu’à une formation scolaire.

Le jojk

En revanche, chez les Sames, comme chez les autres peuples artiques, la littérature orale est la plus importante et le jojk, ou se mèlent le chant et le poème, constitue une expression littéraire spécifique de l’art du chant lapon. On pourrait die que le jojk, qui a gardé de ses lointaines origines une signification magique, revêt autant de formes qu’il y a de chanteurs de jojk, et tout lapon, est un chanteur de jojk. Dans le jojk, le rythme est le plus souvent l’élément essentiel alors que la mélodie est souvent monotone; il existe aussi des jojk sans paroles.

Artisanat

Les Sames possèdent des dons artistiques très développés et témoignent d’un grand raffinement dans la création originale de textiles ou le travail de l’argenterie; les “lapska-troll-trummor” (tambours magiques) sont ornés d’une étonnante décoration graphique. L’artisanat d’art, devenu une ressource économique supplémentaire, joue un grand rôle dans les divers districts de Norvège, de Suède et de Finlande, mais il faut se garder des “souvenirs” et divers objects offerts le long des routes ou dans les hôtels, qui n’ont qu’un lointain rapport avec l’art lapon authentique

La Suède et ses lapons

Comme la plupart des pays européens, la Suède souffre de déséquilibres régionaux: au Sud sont concentrés les hommes et les industries qui font vivre le pays, tandis que le grand Nord, qui pâtit du développement, souhaite l’implantation d’usines tout en redoutant la destruction de sa nature encore intacte. Ces données ont conduit le gouvernement suédois à redonner vie au Nord; mais cela impliquait le développement des richesses minières, forestières, hydrauliques, touristiques et en même temps la preservation des qualités écologiques propres.Car il ne saurait être question d’industrialisation à tout prix et la défense de l’environnement est primordiale.

Dans le Norrbotten, le Fonds d’investissement du Nord, crée en 1962 et dont le siège social se trouve à Lulea, accorde des prêts aux entreprises qui s’installent ou se développent. Le Fonds est alimenté par une contribution de l’état, par le remboursement des prêts et surtout par le pourcentage des bénéfices de la LK.AB: on utilise donc les richesses locales pour les réinvestir au profit de la région. En dépit des mesures prises, la promotion économique du Norrbotten ne paraît pas encore satisfaisante et le gouvernement a été amené à prendre des mesures réellement originales: le transfert, prévu entre 1972 et 1980, de 11 000 fonctionnaires avec les services administratifs, dans quinze localités de moyenne importance, c’est-à-dire que le secteur tertiaire seconderait l’infrastructure industrielle.

La coopérative lapone

Individualistes par tempérament et par “conditionnement”, les lapons ont cependant réussi, de leur côté, au cours des cinquante dernières années, à former une association pour la défense de leurs intérets et de leur culture. Cette association, suédoise à l’origine, tint plusieurs états généraux puis parvint à créer une sorte de parlement lapon dont les ressources sont alimentées par le Fonds lapon de l’Etat. En 1944 fut crée “Same Ätnam” (qui signifie: avenir de la culture lapone) dans un but essentiellement culturel. En 1953, Same Ätnam, en, collaboration avec l’association finnoise Lappin Sivistysseura et l’association norvégiene Sami Saervi, réunit les Sames des trois états dans une conférence commune à Jokkmokk. En 1956, au cours d’une conférence semblable tenue à Karasjok (Norvège), fut crée le Conseil Same nordique dont la tâche est de “défendre les intérets économiques, sociaux et culturels des Sames d’une façon compatible avec leurs devoirs envers leurs nations respectives”. D’autres conférences Sames internordiques se sont tenues au cours des dernières années, la plus récente à Hetta (Finlande), en août 1968. Dans le cadre de la coopération internordique a été installée à Kirkenes (Norvège) une usine de cellulose qui exploite les bois d’Inari (Finlande); d’autre part, un accord finno-suédois a été établi sur l’échange d’énergie électrique au Nord du golfe de Botnie, et les possibilités de collaboration entre les trois pays dans les régions frontalières de la “Calotte du Nord” en matière hydroélectrique deviendront très prochainement des réalités.

En résumé, pour la petite société same, le problème est celui de toute société dite de “folk-culture” qui veut jouir d’une économie moderne tout en essayant de ne pas se laisser absorber par la société dominante.

La Laponie

mars 5th, 2009 by admin

Situation géographique, faune et flore

La laponie (Lappmark en suédois, ou Sápmi en lapon) n’est pas comme on a souvent tendance à le croire un pays ou une province d’un pays. Il s’agit d’une région, au nord du cercle polaire, qui est partagée par la Norvège, la Suède, la Finlande et la Russie.

sapmiNotre expédition se situera dans le parc national de Sareks, dans le nord de la suède. Elle compte environ 85000 habitants, dont 20.000 en Suède. L’extension géographique de la laponie ne correspond donc pas à une division politique précise. On pourrait alors se demander pourquoi un regroupement sous une même dénomination. En fait, la laponie rassemble des territoire fort semblables, situés au dessus du cercle polaire, que ce soit le climat, ou encore la faune et la flore dont nous reparlerons plus bas.

renneEn Laponie, le climat est caractérisé par la courte durée de l’été, qui succède sans grande transition la saison froide. Pendant ces trois mois d’été, la température moyenne reste au dessus de zéro mais ne dépasse pas les 10°. C’est pourquoi au niveau de la flore, on ne trouve pas grand chose. Même l’orge ne parvient pas a maturité. On y trouve seulement quelques saules et de rares bouleaux ainsi que de la mousse et du lichen. La faune quant à elle est aussi relativement réduite. On y trouve toutefois des rongeurs, comme le lièvre polaire, ou encore le lemming, de petits carnivores comme le renard bleu, la martre et l’hermine, recherchées pour leur pelage. L’ours polaire ainsi que le lynx y est en voie de disparition. Les rennes, adaptés a la perfection à la Laponie par sa résistance physique, y règnent en grands troupeaux appartenant aux familles lapones (dont le père-noël, partaît-il). Les moustiques y sont également très nombreux en été.

Culture Lapone

Le Lapons estimes que leur plus grande richesse est la beauté du patrimoine naturelle. C’est pourquoi l’étranger n’est pas toujours super bien vu, bien qu’il ne soit pas non plus montré du doigt . Dans leur culture, homme et nature sont d’ailleurs inséparables. Il ne faut pas croire que de nos jours les lapons vivent sous tente, avec des peaux de rennes comme vêtements et tirant fièrement leur traîneaux. Il vivent avec le confort moderne et le progrès. Il paraît aussi que les lapons apprécient un bon sauna.

Musique Lapone

La musique populaire lapone s’appelle Jojk. C’est une musique ou à la fois les paroles et le rythme ont leur importance. Les chants sont improvisés et expriment des sentiments de haines ou d’amour. Aujourd’hui, on retrouve encore de la musique Jojk mais avec des instruments. A part ca, il y a aussi de la musique influencée par la musique occidentale. <!–Cliquez ici pour écouter un exemple de Jojk ancien ou moderne.–>

cornes

Littérature Lapone

Les lapons ont leur propre littérature. Tout d’abord des ouvrages religieux mais aussi une littérature plus populaire, des poésies lyriques (Chant du Renne, Chant de l’ours , Chant d’Amour, etc.), des récits mythiques ou encore des poèmes héroïques ou sont célébrés les exploits des sorciers et des héros tueurs de monstres affreux.

Langue

Les lapons (Sami ou Samet ou encore dans la langue régionalle), ont une langue propres à eux-mêmes. Sa grammaire ressemble à la grammaire de finnois, pour ceux qui connaissent. Cette langue utilise beaucoup de suffixe. Nous avons trouvés quelques mots :
Sami : le lapon
Lappinhullut : un fou de laponie

Histoire

On sait que des gens vivaient en Laponie il y a 10.000 ans d’ici. On a en effet retrouvé des gravures dans les rochers de la parie Norvège de la Laponie. Apparemment, il vivaient sous tentes et étaient nomades. Durant la guerre de 40, la Laponie a été ravagée et depuis, les Lapons vivent, comme nous l’avons dit avec tout le progrès que nous connaissons.

drapeau Au niveau politique, pour compléter ce qui a été dit plus haut, ils ont depuis 1986 leur propre drapeau et chant national.

Un petit texte pour terminer

Pendant que nous étions à Pello, où se termine l’arc du méridien que nous avons mesuré, les Finnois et les Lapons nous parlèrent souvent d’un monument, qu’ils regardent comme la merveille de leur pays, et dans lequel ils croient qu’est renfermée la science de toutes les choses qu’ils ignorent. Ce monument devait être situé à 25 ou 30 lieues au nord, au milieu de cette vaste forêt qui sépare la mer de Botnie de l’Océan.
Pour y arriver, il fallait se faire traîner sur la neige par des rennes, dans ces périlleuses voitures qu’on appelle pulkas, dont j’ai donné la description dans la relation de nos observations. Qouique nous fussions au mois d’avril, il fallait risquer de se voir geler dans des déserts, où il n’y avait plus d’espérance de trouver d’asile. Tout cela devait s’entreprendre sur la foi des Lapons.
J’ai quelque honte de dire que je l’entrepris. L’inutilité d’un séjour, que nous étions forcés de prolonger dans ces pays jusqu’au temps qui permettrait notre retour ; la curiosité de pénétrer jusqu’au centre de la Laponie ; la plus légère espérance de voir le seul monument de cette espèce qui soit peut-être au monde ; enfin l’habitude où nous étions de la peine et du péril, pourront m’excuser.
Je résolus donc de partir, et j’eus l’avantage d’être accompagné de M. Celsius, qui joignait au plus grand savoir dans l’astronomie une érudition profonde des langues du nord, et qui s’était fait une étude particulière des inscriptions runiques, avec lesquelles nous croyions que celle dont on nous parlait pourrait avoir quelque rapport. On sera peut-être bien aise de savoir comment on voyage dans la laponie. Dès le commencement de l’hiver on marque avec des branches de sapin les chemins qui doivent conduire aux lieux fréquentés. A peine les traîneaux et les pulkas ont foulé la première neige qui couvre ces chemins, et ont commencé à les creuser, que de nouvelle neige, que le vent répand de tous côtés, les relève, et les tient de niveau avec le reste de la campagne, ou du lac, ou du fleuve. Les nouvelles voitures qui passent refoulent de nouveau cette neige, que d’autre neige vient bientôt recouvrir ; et ces chemins, alternativement creusés par les voitures, et recouverts par le vent, qui met partout la neige de niveau, quoiqu’ils ne paraissent pas plus élevés que le reste du terrain, sont cependant des espèces de chaussées, ou de ponts formés de neige foulée, desquels si l’on s’égare à droite, ou à gauche, on tombe dans des abîmes de neige. On est donc fort attentif à ne pas sortir de ces chemins ; et d’ordinaire ils sont creusés vers le milieu, d’une espèce de sillon, formé par tous les pulkas qui y passent.Mais dans le fond de la forêt, dans les lieux qui ne sont pas fréquentés, il n’y a point de tel chemin. Les Finnois et les Lapons ne se retrouvent que par quelques marques faites aux arbres. Les rennes enfoncent quelquefois jusqu’aux cornes dans la neige ; et si dans ces lieux on était pris par quelqu’un de ces orages, pendant lesquels la neige tombe dans une si grande abondance, et est jetée de tous côtés par le vent avec tant de fureur, qu’on ne peut voir à deux pas de soi, il serait impossible de reconnaître le chemin qu’on a tenu, ni celui qu’on cherche ; et l’on périrait infailliblement, surtout si, comme nous, on ne s’était pas muni de tentes pour parer une partie de l’orage. Lorsque nous fûmes en chemin, nos lapons, fort fertiles en contes merveilleux, nous firent sur cela plusieurs histoires de gens qui avaient été enlevés en l’air par ces ouragans, avec leurs pulkas et leurs rennes, et jetés, tantôt contre des rochers, tantôt au milieu des lacs.
Je partis de Pello le 11 avril 1737, et arrivai le soir à Kengis, qui en est éloigné de 12 ou 15 lieues de France. Je ne m’y arrêtai point, parce que je voulais approcher le plus qu’il était possible du lieu où je devais trouver des rennes qu’on devait tenir prêts ; je fis donc encore cinq lieues, et vins coucher à Pellika : c’est une des maisons qui forment le village de Payala. Dans ces contrées, les villages ne sont plus composés que de deux ou trois maisons, éloignées l’une de l’autre de quelques lieues. Je trouvai là six rennes avec leurs pulkas : mais, comme nous pouvions faire encore trois lieues en traîneaux, je gardai nos chevaux jusqu’au lendemain, pour nous mener à Erckiheicki, où j’envoyai les rennes m’attendre.
Dans ces malheureux climats, brûlés sans cesse pendant l’été par les rayons du soleil, qui ne se couche point ; plongés ensuite pendant l’hiver dans une nuit profonde et continuelle, on ne croirait point trouver un asile aussi agréable que celui que nous trouvâmes.
La maison de Pellika, malgré la distance où elle est du monde habité, était une des meilleures que j’aie rencontrée dans ce pays. Nous y étendîmes des peaux d’ours et de rennes, sur lesquelles nous nous préparâmes par un peu de repos à un voyage très rude pour le lendemain.
Longtemps avant le lever du soleil, je partis de Pellika le 12 avril, et arrivai bientôt à Erckiheicki, où je n’arrêtai que le temps nécessaire pour quitter nos traîneaux, et nous faire lier dans nos pulkas : précaution sans laquelle, lorsque le renne court, on ne resterait pas longtemps dans la voiture. Mais dans le temps où nous étions, cette précaution contre la rapidité des rennes était bien inutile. Ce n’étaient plus ces cerfs indomptables, qui m’avaient, l’été passé, traîné si vite sur le fleuve, et qui m’avaient précipité du haut d”Avasaxa(*). Leurs cornes velues alors n’étaient plus que des os blancs et secs, qu’on aurait pris pour des côtes d’animaux morts depuis longtemps. Les os leur perçaient la peau, et ils ne paraissaient pas capables de nous traîner à cent pas.
La cause de ce changement était la différence des saisons. Quand ils me traînèrent sur Avasaxa, ils revenaient de Norvège, où pendant l’été ils n’ont rien à faire que paître et s’engraisser ; c’est alors que je ne conseillerai à personne de voyager en pulka. Mais dans le temps où nous étions, après tous les travaux de l’hiver, et le retour des foires de Laponie, nous n’avions à craindre des rennes que d’être laissés en chemin ; s’il est difficile d’arrêter cet animal, quand il est dans sa force, il n’est pas plus facile de le faire marcher, dans le temps de son épuisement.
Nous allions ainsi traînés à travers une forêt, où nous avions 8 ou 9 lieues à faire. Il n’y avait aucun chemin qui conduisît où nous voulions aller, ce qui augmentait beaucoup le travail des rennes. Il fallait à tous moments les laisser reposer, et leur donner de la mousse, que nous avions portée avec nous. Cette mousse est toute leur nourriture. Les Lapons la mêlent avec de la neige et de la glace, et en forment des pains fort durs, qui servent en même temps de fourrage et de boisson à ces animaux, qui les rongent avec avidité. Malgré cela, il nous fallut laisser un renne en chemin : on l’attache au pied d’un arbre, et on lui laisse quelqu’un de ces pains.
Nous étions nous-mêmes fort fatigués par l’incommodité de la posture où l’on est dans les pulkas : le seul délassement que nous eûmes pendant cet ennuyeux voyage, était de voir sur la neige les traces des différentes sortes d’animaux dont la forêt est remplie. On distingue aisément et l’on connaît chacune ; et l’on est surpris du nombre d’animaux différents qui se trouvent avoir passé, dans un fort petit espace, pendant quelques jours. Nous trouvâmes sur notre route plusieurs pièges tendus aux hermines, et dans quelques-uns, des hermines prises. Sur un petit arbre coupé à la hauteur de la neige, les Lapons attachent horizontalement une bûche, recouverte d’une autre, qui laisse à l’hermine un petit passage, et qui est prête à tomber sur elle, et qui l’écrase, lorsqu’elle va pour manger l’appât qu’on y a mis.
C’est de cette manière qu’on prend les hermines, dont la chasse est très abondante en Laponie. Ces animaux en été sont couleur de canelle, et n’ont de blanc que le ventre et le bord des oreilles : nous en avons plusieurs fois rencontré de telles sur le bord des lacs et des fleuves, où je crois qu’elles guettent le poisson, dont elles sont fort avides : quelquefois même nous en avons trouvé qui nageaient au milieu de l’eau. En hiver elles sont toutes blanches, et c’est ainsi qu’étaient celles que nous trouvâmes prises dans ces pièges. Cependant à mon départ de Torneà, une hermine familière que j’avais chez moi avait déjà perdu dans quelques endroits sa blancheur ; et à mon retour, quelques jours après, je la trouvai toute grise. Il est vrai que si c’est le froid qui, par quelque cause que ce soit, les blanchit, celles qui étaient dans la campagne pouvaient être plus longtemps blanches que celles qui étaient renfermées à la maison. Peut-être aussi celles que nous trouvâmes dans ces pièges y étaient-elles prises depuis longtemps ; car, comme on peut croire, les animaux morts se conservent gelés tout l’hiver. Dans les paquets d’hermines que les Lapons vendent la peau retournée, il s’en trouve toujours plusieurs de grises, ou de tachées de gris, qu’on n’emploie point dans les fourrures.
Nous arrivâmes à une heure après midi au lac Keyma, situé au pied d’une petite montagne appelée Windso. Nous y montâmes : c’était là que devait être le monument que nous cherchions ; mais il était enseveli dans la neige. Nos Lapons le cherchèrent longtemps, sans pouvoir le trouver, et je commençais à me repentir d’avoir entrepris un voyage si pénible, sur des indices si suspects, lorsqu’à force de fouiller, on découvrit ce que nous cherchions. Je fis ôter la neige, et allumer un grand feu pour fondre le reste, afin que nous pussions bien voir cette prétendue merveille.
C’est une pierre, dont une partie de forme irrégulière sort de terre de la hauteur d’un pied et demi, et a environ trois pieds de long. Une de ses faces est assez droite, et forme un plan qui n’est pas tout à fait vertical, mais qui fait un angle aigu avec le plan horizontal. Sur cette face on voit deux lignes fort droites, de traits dont la longueur est d’un peu plus d’un pouce, et qui sont taillés assez profondément dans la pierre, comme seraient des coches qu’on aurait faites dans du bois avec la hache, ou avec le ciseau, étant toutes beaucoup plus larges à la superficie, et se terminant au fond par des angles aigus.
Au bas, et hors de ces deux lignes, sont quelques caractères plus grands. Malgré toutes les marques que ces traits semblent donner d’avoir été gravés avec le fer, je n’oserais assurer qu’ils sont l’ouvrage des hommes ou le jeu de la nature.
Je laisse à ceux qui ont fait une plus grande étude des anciens monuments, ou qui seront plus hardis que moi, à décider cette question. Si la ressemblance de plusieurs de ces traits entre eux, et même de plusieurs qui se trouvent écrits tout de suite, ne paraît pas convenir à des caractères, je ne voudrait pas cependant en conclure que de tels traits ne pussent signifier quelque chose. Si l’on veut écrire en chiffres arabes un, onze, cent onze, etc., on verra combien on peut former de sens différents avec un seul caractère.
Les plus anciennes inscriptions de la Chine ne sont composées que de deux caractères ; et l’on ne peut douter que ces inscriptions ne soient l’ouvrage des hommes, et ne contiennent un sens ; quand elles ne seraient, comme on le pense avec quelque vraisemblance, qu’une arithmétique. Si l’on consulte la tradition du pays, tous les Lapons assurent que ces caractères sont une inscription fort ancienne, qui contient de grands secrets : mais quelle attention peut-on faire à ce que débitent sur des antiquités, des gens qui ne savent pas leur âge, et qui le plus souvent ne connaissent pas leur mère ?
M. Brunnius, leur curé, parle de ce monument dans une dissertation qu’il a fait imprimer, sur la ville de Torneà, et les pays voisins : il le regarde comme une inscription runique, et dit qu’on y voyait autrefois trois couronnes, que le temps a effacées. Mais M. Celsius, fort savant dans la langue runique, ne put lire ces caractères, et les trouva différents de ceux de toutes les inscriptions qui substistent en Suède : et quant aux couronnes, le temps les a tellement effacées, qu’il n’en reste aucun vestige.
La pierre sur laquelle ces lignes sont gravées est composée de différentes couches ; les caractères sont écrits sur une espèces de caillou, pendant que le reste, et surtout entre les deux lignes, paraît être d’une pierre plus molle, et feuilletée. Quoi qu’il en soit, nous copiâmes, M. Celsius et moi, séparément et avec soin, tout ce que nous pûmes discerner, tel qu’on le voit ici.

pierre
Quand ce ne serait qu’un jeu de la nature, la réputation qu’a cette pierre dans ce pays méritait que nous en donassions la description.

Cette pierre n’a pas assurément la beauté des monuments de la Grèce et de Rome : mais si ce qu’elle contient est une inscription, cette inscription a vraisemblablement l’avantage d’être la plus ancienne de l’Univers. Le pays où elle se trouve n’est habité que par une espèce d’hommes qui vivent en bêtes dans les forêts. On ne croira guère qu’ils aient jamais eu aucun évènement mémorable à transmettre à la postérité ; ni, quand ils l’auraient u, qu’ils en eussent connu les moyens. On ne saurait non plus supposer que ce pays, dans la position où il est, ait eu autrefois d’autres habitants plus cicilisés. L’horreur du climat, et la stérilité de la terre, l’ont destiné à ne pouvoir être la retraite que de quelques misérables, qui n’en connaissent aucune autre.
Il semble donc que notre inscription aurait dû être gravée dans des temps où ce pays se serait trouvé situé sous un autre climat ; et avant quelqu’une de ces grandes révolutions, qu’on ne saurait douter qui ne soient arrivées à la terre. La position qu’a aujourd’hui son axe par rapport au plan de l’écliptique, fait que la Laponie ne reçoit que très obliquement les rayons du soleil : elle est condamnée par là à un hiver long, et funeste aux hommes, et à toutes les productions de la nature ; sa terre est stérile et déserte. Mais il n’a pas fallu peut-être un grand mouvement dans les cieux pour lui causer tous ces malheurs. Ces régions ont été peut-être autrefois celles que le soleil regardait le plus favorablement ; les cercles pôlaires ont pu être ce que sont aujourd’hui les tropiques ; et la zone torride a peut-être rempli la place occupée aujourd’hui par les zones tempérées. Mais comment la situation de l’axe de la terre aurait-elle été changée ? Si l’on considère les mouvements des corps célestes, on ne voit que trop de causes capables de produire de tels changements, et de bien plus grands encore.
Si la connaissance de l’anatomie, de toutes les parties et de tous les ressorts qui font mouvoir nos corps, fait que ceux qui la possèdent s’étonnent que la machine puisse subsister si longtemps, on peut dire la même chose de l’étude de l’astronomie. La connaissance des mouvements célestes nous découvre bien des causes, qui apporteraient, non seulement à notre terre, mais au système général du monde, des changements considérables.
La variation dans l’obliquité de l’écliptique, que plusieurs astronomes croient démontrée par les observations des anciens comparées aux nôtres, pourrait seule, après de longues suites de siècles, avoir produit des changements tels que ceux dont nous parlons ; l’obliquité sous laquelle le plan de l’équateur de la terre coupe aujourd’hui le plan de l’écliptique, qui n’est que de 23° 1/2, pourrait n’être que le reste d’une obliquité plus grande, pendant laquelle les pôles se seraient trouvés dans les zones tempérées, ou dans la zone torride, et auraient vu le soleil à leur zénith. Que ce soit de tels changements, ou des changements plus subits, qu’on suppose, il est certain qu’il y en a eu. Les empreintes de poissons, les poissons-mêmes pétrifiés, qu’on trouve dans les terres les plus éloignées de la mer, et jusque sur les sommets des montagnes, sont des preuves incontestables que ces lieux ont été autrefois bas et submergés.
L’histoire sacrée nous apprend que les eaux ont autrefois couvert les plus hautes montagnes. Il serait bien difficile de concevoir une telle inondation, sans le déplacement du centre de gravité de la terre, et de ses climats.
Si l’on ne veut point avoir recours à ces changements, on pourrait trouver l’origine de l’inscription de Windso dans quelque évènement aussi singulier que notre voyage. Une inscription qui contiendra l’histoire de l’opération que nous étions allés faire dans ces pays, sera peut-être un jour quelque chose d’aussi obscur que l’est celle-ci : et si toutes les sciences étaient perdues, qui pourrait alors découvrir, qui pourrait imaginer, qu’un tel monument fût l’ouvrage des Français ; et que ce qu’on y verrait gravé fût la mesure des degrés de la terre, et la détermination de sa figure ?
J’abandonne mes réflexions, et le monument, aux conjectures qu’on voudra faire, et je reprends le fil de mon voyage. Après que nous eûmes copié ce que nous trouvâmes sur la pierre, nous nous embarquâmes dans nos pulkas, pour retourner à Erckiheicki. Cette marche fut encore plus ennuyeuse qu’elle n’avait été le matin : la posture dans les pulkas est si incommode, qu’au bout de quelques heures on croit avoir le corps brisé : cependant nous y avions été continuellement, depuis quatre heures du matin jusqu’à une heure après midi. Le retour fut encore plus long : nos rennes s’arrêtaient à tous moments ; la mousse que nous avions portée avait été toute mangée, et il fallait leur en chercher. Lorsque la neige est en poussière, comme elle est jusqu’au printemps, quoiqu’elle couvre partout la terre jusqu’à de grandes profondeurs, un renne dans un moment avec ses pieds s’y creuse une écurie, et balayant la neige de tous côtés, découvre la mousse qui est cachée au fond. On prétend que cet animal a un instinct particulier pour trouver cette mousse couverte de tant de neige, et qu’il ne se trompe jamais, lorsqu’il fait son trou : mais l’état où était alors la superficie de la neige m’empêcha d’éprouver si ce qu’on dit sur cela est faux. Dès que cette superficie a été frappée des rayons d’un soleil assez chaud pour en fondre et unir les parties, la gelée qui reprend aussitôt la durcit, et en forme une croûte qui porte les hommes, les rennes, et même les chevaux. Quand une fois cette croûte couvre la neige, les rennes ne peuvent plus la creuser pour aller chercher dessous leur nourriture ; il faut que les Lapons la leur brisent : et c’est là toute la récompense des services que ces animaux leur rendent.
Les rennes méritent que nous en disions ici quelque chose. Ce sont des espèces de cerfs, dont les cornes fort rameuses jettent leurs branches en avant sur le front. Ces animaux semblent destinés par la nature à remplir tous les besoins des Lapons : ils leur servent de chevaux, de vaches et de brebis.
On attache le renne à un petit bateau, appelé pulka, pointu par devant pour fendre la neige ; et un homme, moitié assis, moitié couché dans cette voiture, peut faire la plus grande diligence, pourvu qu’il ne craigne, ni de verser, ni d’être à tous moments submergé dans la neige.
La chair des rennes est excellente à manger, fraîche, ou séchée. Le lait des femelles est un peu âcre, mais aussi gras que la crème du lait des vaches ; il se conserve longtemps gelé, et les Lapons en font des fromages, qui seraient meilleurs, s’ils étaient faits avec plus d’art et plus de propreté.
La peau des rennes fait des vêtements de toute espèce. Celle des plus jeunes, couverte d’un poil jaunâtre, un peu frisé, est une pelisse extrêmement douce, dont les Finnoises doublent leurs habits. Aux rennes d’un âge un peu plus avancé, le poil brunit ; et l’on fait alors de leurs peaux ces robes connues par toute l’Europe sous le nom de lapmudes : on les porte le poil en dehors, et elles font un vêtement fort léger et fort chaud. La peau du vieux renne s’apprête comme celle du cerf et du daim, et fait les plus beaux gants, les plus belles vestes, et les plus beaux ceinturons. Les Lapones filent en quelque façon les nerfs et les boyaux des rennes, en les roulant, et ne se servent guère d’autre fil. Enfin, pour que tout en soit utile, ce peuple sacrifie les cornes des rennes à ses dieux.
Etant revenus à Pellika, après beaucoup de fatigue, de froid et d’ennui, nous en repartîmes le 13 de grand matin, et arrivâmes vers les 9 heures à Kengis.
Cet endroit, quoiqu’assez misérable, est un peu plus connu que les autres, par des forges de fer qui y sont. La matière y est portée, ou plutôt traînée, pendant l’hiver, par des rennes, des mines de Junesvando, et de Swappawara. Ces forges ne travaillent qu’une petite partie de l’année, la glace ne permettant pas, l’hiver, aux roues de faire mouvoir les soufflets et les marteaux. Kengis est situé sur un bras du fleuve de Torneà, qui a devant Kengis une cataracte épouvantable, qu’aucun bateau ne peut passer. C’était le plus beau spectacle que de voir les glaçons et l’écume se précipiter avec violence, et former une cascade, dont les bords semblaient de cristal. Après avoir dîné chez le prêtre de Kengis, M. Antilius, nous en partîmes, et vînmes le même soir coucher à Pello, dans la maison que nous avions tant habitée, et que vraisemblablement nous revoyions pour la dernière fois.
En revenant de Kengis, nous rencontrâmes sur le fleuve plusieurs caravanes de Lapons, qui apportaient jusqu’à Pello les peaux et les poissons qu’ils avaient troqués aux foires de la haute Laponie, avec les marchands de Torneà. Ces caravanes forment de longues files de pulkas : le premier renne, qui est conduit par un Lapon à pied, traîne le premier pulka, auquel est attaché le second renne, et ainsi de suite, jusqu’à 30 et 40, qui passent tous précisément par ce petit sillon tracé dans la neige par le premier, et creusé par tous les autres.
Lorsque les rennes sont las, et que les Lapons ont choisi le lieu où ils veulent camper, ils forment un grand cercle de tous les rennes attachés à leurs pulkas. Chacun se couche dans la neige au milieu du fleuve, et leurs Lapons leur distribuent la mousse.Ceux-ci ne sont pas plus difficiles à accommoder ; plusieurs se contentaient d’allumer du feu, et de se coucher sur le fleuve, pendant que leurs femmes et leurs petits enfants tiraient des pulkas quelques poissons qui devaient faire leur souper ; quelques autres dressaient des espèces de tentes, qui sont bien des logements dignes des Lapons : ce ne sont que de misérables haillons, d’une grosse étoffe de laine, que la fumée a rendu aussi noire que si elle était teinte. Elle entoure quelques piquets, qui forment un cône, dont la pointe reste découverte, et sert de cheminée. Là les plus voluptueux, étendus sur quelques peaux de rennes et d’ours, passent leur temps à fumer du tabac, et à mépriser les occupations des autres hommes.
Ces peuples n’ont point d’autres demeures que des tentes ; tous leurs biens consistent dans leurs renne, qui ne vivent que d’une mousse qui ne se trouve pas partout. Lorsque leur troupeau en a dépouillé le sommet d’une montagne, ils sont obligés de le conduire sur quelqu’un d’autre, et de vivre ainsi toujours errant dans les déserts.
Leur forêt, affreuse en hiver, est encore moins habitable en été : une multitude innombrable de mouches de toute espèce infecte l’air ; elles poursuivent les hommes, et les sentant de très loin, forment bientôt autour de chacun qui s’arrête une atmosphère si noire qu’on ne s’y voit pas. Il faut, pour l’éviter, changer continuellement de place, et n’avoir aucun repos ; ou brûlant des arbres verts, exciter une fumée épaisse, qui n’écarte les mouches qu’en devenant aussi insupportable aux hommes qu’à elles ; enfin, on est quelquefois obligé de se couvrir la peau de la résine qui coule des sapins. Ces mouches font des piqûres cruelles, et plusieurs font plutôt de véritables plaies, dont le sang coule par grosses gouttes.
Pendant le temps de la plus grande fureur de ces insectes, qui est celui des deux mois que nous avons passés à faire nos triangles dans la forêt, les Lapons fuient avec leurs rennes vers les côtes de l’océan, où ils en sont délivrés.
Je n’ai point encore parlé de la figure ni de la taille des Lapons, sur lesquels on a débité tant de fables. On a exagéré leur petitesse, mais on ne saurait avoir exagéré leur laideur. La rigueur et la longueur d’un hiver, contre lequel ils n’ont aucune autre précaution que ces misérables tentes dont je viens de parler, sous lesquelles ils font un feu terrible, qui les brûle d’un côté pendant que l’autre côté gèle ; un court été, mais pendant lequel ils sont sans relâche brûlés des rayons du soleil ; la stérilité de la terre, qui ne produit, ni blé, ni fruits, ni légumes, paraissent avoir fait dégénérer la race humaine dans ces climats.
Quant à leur taille, ils sont plus petits que les autres hommes ; quoique leur petitesse n’aille pas au point où l’on fait aller quelques voyageurs, qui en font des pygmées. Parmi le grand nombre de Laponnes et de Lapons que j’ai vus, je mesurai une femme qui me paraissait âgée de 25 à 30 ans, et qui allaitait un enfant qu’elle portait dans une écorce de bouleau. Elle paraissait de bonne santé, et d’une taille bien proportionnée, selon l’idée que je m’étais faite des proportions de leur taille : elle avait 4 pieds, 2 pouces, 5 lignes, de hauteur, et c’était certainement une des plus petites que j’aie vue, sans que cependant sa petitesse parût difforme ni extraordinaire dans le pays. On peut s’être trompé sur la petitesse des Lapons, et sur la grosseur de leur tête, si l’on n’a pas fait une observation que j’ai faite, malgré l’ignorance où ils sont presque tous eux-mêmes sur leur âge. Les enfants, qui, dès la grande jeunesse, ont déjà les traits défigurés, et quelquefois l’air de petits vieillards, commencent de très bonne heure à conduire les pulkas, et à s’occuper des mêmes travaux que leurs pères : je crois que la plupart des voyageurs ont jugé de la taille des Lapons, et de la grosseur de leur tête, par celle des enfants ; et c’est sur quoi j’ai souvent pensé moi-même me tromper. Ce n’est pas que je veuille nier que les Lapons adultes ne soient en général plus petits que les autres hommes, mais je crois qu’on a diminué leur taille, dans les relations qu’on en a faites, par l’erreur dont je viens de parler, ou peut-être seulement par le penchant qu’on a pour le merveilleux. Il m’a paru qu’en général il y avait la tête entre eux et nous ; et c’est une grande différence.
Un pays tout voisin de la Laponie avait produit dans le genre opposé une véritable merveille. Le géant que nous avons vu à Paris en 1735 était né dans un village peu éloigné de Torneà. L’Académie des Sciences l’ayant fait mesurer, on trouva sa hauteur de 6 pieds, 8 poucs, 8 lignes. Ce colosse était formé d’autant de matière qu’il en faudrait pour quatre ou cinq lapons.

Fin du voyage en Laponie.

Maupertuis
Bibliographie :

SWYSEN L. Atlas Erasme, neuvième édition, Erasme.
Nouveau Larousse Illusrré.
Le petit Larousse 1993.
http://www.sametinget.se/
http://www.ifrance.com/smiclo/laponie/
http://members.aol.com/nielrow/lapon1.html (le texte final)

Matériel

mars 5th, 2009 by admin
LAPONIE; 8 PERSONNES  
  Nécess
Matériel collectif  
Equipement de sauvetage  
Mousquetons à vis 5
Prussiks 5
Sangle 3
Corde 1
Broches 2
Poulies 2
Equipement de ski  
Pelles 3
Peau de phoque de rechange 2
Double face collante 10
Cuisine  
Réchauds MSR (+parevent+sous-réchaud) 3
Tube de pâte à allumer les réchauds 1
Litre d’essence 10
Casseroles 4
Bols 8
Couverts non métalliques 5
Briquets 12
Eponge 2
Détergent 1
Logement  
Tente (3-4 places) 3
Divers  
Cartes 2
Paire de batons telescopiques de rechange 2
Boussole 2
Altimètre 1
GPS 1
VHF 2
GSM par satellite 1
Couverture de survie 2
Micropur 20
Journal de bord 1
Papier toilette 8
Gourdes 5
Gourdes isothermiques 5
Crème solaire 4
Lunette de rechange 2
Appareil Photo 2
Camera 1
Réveil 1
Matos de bricolage  
Cordelette 1
Duck tape 1
Pince 1
Pharmacie  
Antidouleur 1
Sparadrap 1
Compresses 1
Désinfectant 1
Antibiotique 1
Anti-vomitif 1
Antidiarrhéique 1
Stéri-strips 1
Bandages 1
Pommade contre les gelures 1
Leukotape 1
Matos individuel  
Vêtement  
Sac à dos (de 70 à 90 L) 8
Paire de gants ou moufles 8
Paire de sous gants capilene 16
Paire de chaussette capilene 24
Paire de chaussette 16
Pantalon 8
Sous pantalon capilene 8
Sur-pantalon 8
Caleçons sèchage rapide 24
Polaire 8
Sous-polaire capilene 16
Veste Gortex ou similaire 8
Cagoule 8
Bonnet 8
Mouchoir 8
Bandana 8
Equipement de ski  
Skis 8
Batons 8
Peau de phoque 8
Chaussure de ski 8
Masque ski (tempete) 8
Lunettes de glacier 8
Guetres ou stop-tout 8
Logement  
Sac de couchage grd froid 8
Drap de lit (sous sac) 8
Sac à viande en Polartec pour les frileux  
Thermarest 8
Lampe frontale + pile de rechange 8
Divers  
Papiers 8
Cartes CAB ou assurance équivalente 8
Canif 8

Budget

mars 5th, 2009 by admin

Expé de huit personnes

Fichier excel avec les comptes complets disponibles pour les membre de l’expé. Rappelons que Passeport Expé n’est pas une organisation commerciale mais une association collaborative d’amis. Chaque expé est gérée par ses participants à l’aide de notre modèle de comptabilité. Un budget est prévu à l’avance, poste par poste. Les frais engagés sont ensuite divisés entre TOUS les participants.
 
Comptes Expé laponie 2000      
       
Libellé Budget Dépenses Budget Disponible
       
Total 169700 169133 567
       
Nourriture 33900 23115 10785
Matériel 52800 41918 10882
Transport 83000 98855 -15855
Logement 0 2680 -2680
Divers 0 2565 -2565
       
       
Nourriture-Déjeuner 3000 3624 -624
Nourriture-Lunch 6200 5049 1151
Nourriture-Souper 11100 10099 1001
Nourriture-En-Cas 3600 3000 600
Nourriture-Resto 9000 593 8407
Nourriture-Divers 1000 750 250
       
Matériel-Achat   2718 -2718
Matériel-Location PE 40800 32000 8800
Matériel-Location 12000 7200 4800
       
       
Transport-Voiture 41600 41600 0
Transport-Essence 36400 47633 -11233
Transport-Péage   3711 -3711
Transport-Bateau 5000 4674 326
Transport-Avion   0 0
Transport-Train   0 0
Transport-Bus   0 0
Transport-Télécabine   0 0
Transport-Divers   1237 -1237
       
       
Logement-Camping   0 0
Logement-Hôtel   0 0
Logement-Divers   2680 -2680
       
       
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Divers-Autres   2565 -2565


Last Updated on 17/06/00 
By Dominique Snyers

Nourriture

mars 5th, 2009 by admin

Menu de l’expédition Laponie 2000

ou comment partir à 8 pendant 13 jours pour moins de 2000 FB de nourriture par personne

Samedi 8 avril : 6,9 kg

  • 12 briquets
  • 500 gr margarine
  • 400 gr choco Colruyt
  • 8 portions fromage a tartiner 140 gr
  • 100gr formage a tartiner
  • 1kg de confiture
  • lardons 800 gr
  • 400 gr emmental
  • 1,5 kg pâtes
  • 3 cubes bouillons
  • 5 sachets de thé
  • 6 sachets café
  • 750 gr pain d’épices
  • 2×20 cl crème fraiche
  • 4 balistos
  • 2 evergreen
  • 12 sachets soupes
  • 125 gr Croutons de Soja
  • 2 oignons

Dimanche 9 avril : 4,7 kg

  • 600 gr fromage
  • 100 gr fromage à tartiner
  • 350 gr pindakaas
  • 12 soupes
  • 300 gr pims
  • 750gr pain épice
  • 800 gr riz 3 cubes bouillon
  • 3 paquets de sauce (2 Nasi goreng + 1 poivre)
  • 5 the + 6 café
  • 1kg5 Crunchy pomme
  • 125 gr Croutons de Soja
  • 2 oigons

Lundi 10 avril : 7.8 kg

  • 400 gr choco
  • 140 vache qui rit
  • 100 gr fromage à tartiner
  • 300 gr Pimms
  • 3x 850 gr pois carotte
  • 3 x 590 gr compote
  • 4 cubes bouillon
  • 8 x 125 gr purrée
  • 12 soupes
  • 5 thé + 6 café
  • 125 gr Croutons de Soja
  • 2 oignons
  • 16 x 100 hamburgers

Mardi 11 avril : 8,95 kg

  • 800 gr de confiture
  • 100 gr fromage a tartiner
  • 500 gr biscuits gouter aux raisins
  • 530 gr parovita
  • 8 barres sesame
  • 600 gr Chocolat CD
  • 4 cubes bouillons
  • 500gr Emmental
  • 2 x 800 gr légume couscous
  • 1kg couscous
  • 7 café + 5 thé
  • 1 sauce poivre vert + 1 chili con carne
  • 12 soupes
  • 2 x 275 gr Sultana
  • 200 gr lait en poudre
  • 1.7 kg crunchy fruit des bois
  • 125 gr Croutons de Soja
  • 2 oignons

Mercredi 12 avril : 8.25kg

  • 8x 90 gr mousse au chocolat
  • 320 gr Gerblé
  • 8 balistos
  • 530 gr Parovita
  • 275 gr Evergreen
  • 600 gr Chocolat CD
  • 700 gr Gouda
  • 1kg 600 Pâtes
  • 4 cubes bouillon
  • 12 soupes
  • 1l sauce bolognaise
  • 5 thé + 7 Café
  • 280 gr lait en poudre
  • 1.5 kg Crunchy pomme
  • 250 gr Croutons de Soja
  • 2 oignons

Jeudi 13 Avril : 7kg 850

  • 150 gr Volvet
  • 800 gr Confiture
  • 250 gr Protéine de Soja
  • 530 gr Parovita
  • 240 gr cereal biscuit mandarine
  • 230 gr Cereal biscuit gouter au soja
  • 325 gr Evergreen
  • 600 gr Chocolat CD
  • 4 Cubes bouillon
  • 600 gr Fromage
  • 2 x 175 gr Sultana
  • 300 pastilles édulcorant
  • 4 paquets sauce curry
  • 12 soupes
  • 900 gr riz
  • 200 gr sucre
  • 300 gr lait en poudre
  • 1kg flocons d’avoine
  • 10 sachet de thé
  • 250 gr Croutons de Soja
  • 400 gr Pemmican

Vendredi 14 avril : 7,9 kg

  • 800 gr confiture
  • 530 gr Parovita
  • 500 gr Biscuit gouter au raisins
  • 325 gr Evergreen
  • 12 soupes
  • 4 cubes bouillons
  • 8 balisto
  • 600 gr Gouda
  • 400 gr Chocolat
  • 8 Sesames
  • 10 sachet de thé
  • 300 gr Lait en poudre
  • 1,8 kg Crunchy Fruit des bois
  • 6 x 176 gr Pates al Fungi
  • 250 gr Croutons de Soja
  • 400 gr pemican

Samedi 15 avril : 7.2 kg

  • 530 gr Parovita
  • 335 gr Evergreen
  • 150 gr Volvet
  • 350 gr Sultana
  • 320 gr Gerble biscuit Soja
  • 4 sauce poivre vert
  • 3 cubes Bouillon
  • 600 gr Chocolat
  • 600 gr nature burger
  • 12 soupes
  • 600 gr de Gouda
  • 1kg blé Ebly
  • 240 gr Lait
  • 200 gr sucre
  • 10 Thés
  • 1kg flocons d’avoine
  • 250 gr Croutons de Soja
  • 400 gr pemican

Dimanche 16 avril : 7,8 kg

  • 150 gr Volvet
  • 900 gr Confiture
  • 480 gr Cereal bisuit mandarine
  • 530 gr Parovita
  • 4 cubes bouillons
  • 400 gr Sultana
  • 400 gr Chocolat CD
  • 1kg Couscous
  • 325 gr Evergreen
  • 12 soupes
  • 8 balisto
  • 3 paquets sauce carbonade
  • 500 gr Gouda
  • 300 gr lait
  • 12 thé
  • 1,5 kg Crunchy pomme
  • 250 gr Croutons de Soja
  • 400 gr pemican

Lundi 17 avril : 6.6 kg

    530 gr Parovita

  • 230 gr Cereal gouter au soja
  • 240 Cereal biscuit mandarine
  • 600 gr Chocol CD
  • 4cubes bouillons
  • le edulcorant
  • 6 x 50 gr sesames
  • 325 gr Evergree
  • 12 soupes
  • 500 gr Emmental
  • 6 x 176 gr Pates carbonarra
  • 280 gr Lait en poudre
  • 200 gr Sucre
  • 10 thé
  • 1kg Flocons d’avoine
  • 250 gr Croutons de Soja
  • 400 gr pemican

Mardi 18 avril : 7.5 kg

  • 1kg confiture
  • 300 gr Gerble Biscuit Soja
  • 530 gr Parovita
  • 325 gr Evergreen
  • chocolat CD
  • gr Sultana
  • balistos
  • 2 sauces carbonade
  • 12 soupes
  • 1 kg couscours
  • 4 cubes bouillons
  • 500 gr Emmental
  • 300 gr lait en poudre
  • 10 thé
  • 1kg 5 Crunchy pomme
  • 250 gr Croutons de Soja
  • 400 gr pemican

Mercredi 19 avril : 6.9 kg

  • 150 gr Volvet
  • 400 gr Choco tartiner
  • 500 gr Cereal gouter raisins
  • 530 gr Parovita
  • 325 gr Evergreen
  • 600 gr Chocolat CD
  • 12 soupes
  • 350 gr Sultana
  • 4 cubes bouillons
  • 500 gr Emmental
  • 3 sauce Nasi Goreng
  • 900 gr riz
  • 250 gr lait
  • 200 gr sucre
  • 10 thé
  • 1kg flocons d’avoine
  • 250 gr Croutons de Soja
  • 400 gr pemican

Jeudi 20 avril : 1kg

  • 750 gr Pains épice
  • 12 soupes
  • 1 thé + 7 café

Vendredi 21 avril : 9kg 200

  • 150 gr Volvet
  • 350 gr Pinda kaas
  • 12 soupes
  • 1l sauce bolognaies
  • 2 cubes bouillons
  • 750 gr pains epice
  • 800 gr Emmental
  • 1kg 600 pâtes
  • 3 x 590 gr Compote
  • 3 thé + 7 café
  • 1.5 kg Crunchy pommes

Préparation

mars 5th, 2009 by admin

Laponie – Avril 2000

Dans le but de faciliter l’organisation de notre expédition en Laponie mais aussi dans le but de se partager les tâches, nous vous proposons ici une liste des grands points de l’organisation.

Nous joignons ensuite un planning temporel de l’exécution de ces tâches (carré vert ou rouge associé à chaque semaine de décembre 1999 à mai 2000). Ceci devrait, en effet, nous aider à nous synchroniser. Puisque certains points ne peuvent être abordés avant d’autres nous avons prévu des dates butoir impératives pour l’exécution de certaines tâches (carré rouge dans le diagramme Pert).

Il y a certainenement des oublis n’hésitez pas à nous contacter.

I. Liste des tâches nécessaires à la préparation de l’expé

1. Coordination

  • Planification de la préparation
      Dresser la liste de toutes les tâches et leur organisation temporelle (sous la forme d’un diagramme Pert). C’est ce qui est fait ici.
  • Coordination et récolte de l’info des différents points
      C’est le rôle centralisateur qui se charge en même temps de la mise à jour du site web.
  • Estimation bugétaire initiale
      Première estimation bugétaire histoire de pouvoir fournir suffisament tôt aux peronnes intéressées une fourchette réaliste des coûts de l’expé.
  • Budget général
      Budget prévisionnel précis avant l’expédition.
  • Budget Final

2. Voyage

    • Destination

      • Info sur les destinations possibles
        Rassembler les informations sur toutes les destinations possibles dans le cadre de cette expédition.
      • Choix
    • Itinéraire
      • Achat des cartes
        Achat ou consultation de cartes et/ou topos permettant de choisir l’itinéraire avec précision.
      • Tracé de l’itinéraire
      • Manipulation du GPS
        Apprentissage de l’utilisation des GPS et surtout des particularités de son utilisation au dessus du cercle polaire.

3. Matos

    • Liste du matériel nécessaire
      • Il s’agit ici de dresser la liste du matériel individuel et de groupe nécessaire.
        

    • Inventaire du matériel existant
      • Rédiger un petit formulaire à envoyer à tous les participants pour leur demander ce dont elles disposent déjà et ce dont elles sont disposés à prêter.
        

    • Inventaire du matériel à acheter ou louer
      • Notre souci sera évidemment de minimiser les coûts. Sera-t-il vraiment nécessaire de louer des skis?
        

    • Vérification et réparations du matériel
    • Répartition du matériel
      • Répartition du matériel individuel disponible.
        

    • Location :
    • Achat :
      • Renseignements
      • Achat
      • Après l’expédition, il s’agit SANS ATTENDRE de nettoyer, sécher les tentes et autres pièces de matos importantes ansi que de laver, sécher réparer et trier le matériel emprunté.
        

    • Fin de location
    • Evaluation Matériel
      • Après l’expédition il est important de mettre par écrit les defauts relevés à l’usage dans le choix du matériel.
      • Renseignements (Laponie, Belgique,·)
      • Location
    • Rangement, nettoyage, séchage

4. Nourriture

    • Pémican;
      • Le pémican sera un élément très important de notre alimentation. Cela peut être le pire comme le meilleur. Il ne tient qu’à nous de veiller à ce que ce soit le meilleur en testant notre recette à l’avance.
      •   

      • Trouver la recette
      • Faire le pémican + conditionnement
        

    • Préparation des menus
    • Gestion des réchauds
      • Sans réchaud en parfait état de marche et sans risque de défaillance ne ne pouvons survivre. Il s’agit donc ici de s’assurer du parfait état des réchauds que nous emportons mais aussi de nous entraîner à leur utilisation et leur entretien.
        

    • Achats
    • Notes au jour le jour
      • Nous essayerons de garder trace de l’appréciation à chaud des menus aussi bien en ce qui concerne la qualité que la quantité et des difficultés rencontrées lors de leur préparation.
        

    • Evaluation des menus
      • Il faut garder une trace de ces remarques afin de nous améliorer la prochaine fois.

5. Reportage

    • Avant l’expé
      • Il nous semble important avant de partir dans un endroit de nous renseigner un peu sur les us et coutumes du pays, de sa culture mais aussi de sa flore et faune. Une fois là-bas nous n’en profiterons que plus.
      •   

      • Culture lapone
      • Musique lapone
      • Littérature lapone
      • Histoire lapone
      • Langue lapone
      • Faune lapone
      • Reportage
        

    • Pendant l’expé
      Pendant l’expé nous essayons de garder quelques traces de l’ambiance dans le but de partager notre aventure avec d’autres à notre retour mais aussi de revivire quelques moments forts.
        

    • Journal de bord
    • Photos
    • Vidéo
        

    • Après l’expé
  • NB : La coordination est essentielle, il faudra donc veiller à envoyer toutes les informations au responsable du site web pour les rendre disponibles à tout un chacun.

II Plannification temporelle de l’exécution des tâches