Diaporama de Thibault

août 21st, 2014 by domsny

Premières gallerie photos

août 12th, 2014 by domsny

Photos de Dom de la descente de la John river :

Photos du trek solo de Dom aux Arrigetch Peaks :

Récit de l’expé

août 3rd, 2014 by domsny

Nous sommes arrivés hier soir à Bettles, après plus de 20 jours sur la John River. Nous venons de vivre des moments incroyables dans un cadre magnifique (voir vidéos de notre expe précédente en 2001) !

Packraft trip in the Brooks RangesTout a commencé à Anaktuvuk, village esquimau sous une pluie fine, mais persistante. Pas besoin de marcher longtemps pour gonfler nos packrafts : la rivière est en crue et est donc raftable depuis sa source ou presque. Tout va très vite et nous sommes chargés de 12 jours de nourriture. Ce n’est pas facile de trouver les bons gestes et le bon rythme, mais petit à petit, tout le monde s’y retrouve. Nous nous arrêtons fatigués avant de grands rapides que nous passerons le lendemain sans problèmes, après une bonne nuit de sommeil. Nous prenons confiance malgré l’eau qui n’arrête pas de monter. Nous avancons très vite, de plus en plus vite même. Tout le monde suit mais à un moment, nous dépassons un affluent et la la rivière, tout d’un coup, devient carrément inquiétante. Packraft trip in the Brooks RangesNous n’arrivons plus à nous arrêter pendant une bonne heure lorsqu’enfin nous trouvons un « Eddie », zone d’eau morte. Après un check visuel de la suite, nous décidons de repartir jusqu’au prochain banc de cailloux où nous pourrons planter la tente. Ce fut notre seule mauvaise décision. Dès la reprise de courant, le bateu de Thibault se retourne et il ne peut retenir son packraft. Mathieu essaie de le rattraper mais se retourne aussi. Nous voilà dispersés sur les deux berges de la rivière, avec Thibault sur une île au milieu, pas loin de l’état de choc, après après avoir avalé une très grosse tasse. Il a eu très très peur. Nous aussi. Je me renverse à mon tour en les rejoignant. Tout est froid. Nous avons perdu un raft et son chargement mais nous étions tous sains et saufs.

Packraft trip in the Brooks RangesLe lendemain le soleil nous permet de tout sècher et de prendre les bonnes décisions. Quelques appels avec notre tel sattelite nous permet  de faire l’inventaire des possibilités: retourner à Anaktuvuk (4 - 5 jours de marches) ou aller vers la landing strip à 100 km avec option d’un hydravion à la Hunts fork ou d’un avion avec des grosses roues à Wolverine. Nous décidons de continuer à pied pour chercher le packraft et attendre que le niveau d’eau descende. Packraft trip in the Brooks RangesNous modifions aussi l’endroit de notre ravitaillement aerien (« food drop ») en y ajoutons un packraft de remplacement. Au moment de partir, un énorme loup vient nous saluer comme pour nous encourager. Nous continuons et c’est le plus important. Arthur découvre la marche à pied dans les Brooks Range, ses mottes, ses marais, pieds mouilles et  moustiques. Nous sommes lourds avec nos 8 jours de nourriture et 5 packrafts. Arthur relève le challenge avec brios et ses pieds suivent. Il rayonne.

BrooksRange2014bis-1020613Nous ne dépasserons toutefois pas la Hunts fork où nous attendrons encore une nuit de decrue avant de traverser la rivière, toujours trop haute, pour rejoinder le lac où l’avion peut atterrir. La pluie revient et nous devons attendre 3 jours que l’avion puisse decoller. Comme nous n’avons plus grand chose à nous mettre sous la dent, nous cueillons myrtilles et bolets (excellents avec du cream cheese). Malgré la faim, l’attente, la pêche infructueuse dans le lac et nos amis les moustiques, l’ambiance reste bonne et nous rions beaucoup.BrooksRange2014bis-1020546

Nous sommes de simples petits bipèdes perdus dans l’immensite de la wilderness alaskane, complètement dépendant d’un téléphone satellite et de la fameuse ‘Judy’ à l autre bout du fil. De « Belgian Boys » nous sommes vite passés à « Patient Belgian Boys » pour enfin devenir les « Hungry Belgian Boys », la nouvelle légende de Bettles, Alaska.

 

BrooksRange2014bis-1020562Quand l’avion atterri, une hysterie collective s’empare de notre groupe : avec les 12 jours de provision et le packraft de rechange il y avait aussi des bananes, des carottes, des bagels et surtout … une surprise. Après avoir tout déchargé, le pilote nous tend un petit papier avec des coordonnées GPS où un packraft rouge avec un sac aete repérés par un bush pilot. En l’espace d’un instant Thibault retrouve le sourire.

BrooksRange2014bis-1020568Le lendemain qu’est-ce que c’était bon de remonter sur nos packrafts. Vers midi, le raft était localisé ainsi que des restes de matos d’autres kyakistes aussi malchanceux que nous.  Nous ramènerons tout à Beetles. Le plus incroyable, c’est que tout était intact y compris la nouvelle camera de Thibault.

 

BrooksRange2014bis-1030202A partir de là, tout ne fut plus que plaisir. Le niveau d’eau était redevenu normal, tout en nous permettant toujours d’avancer assez vite, tellement vite que nous nous sommes autorisés trois jours de rando sous le soleil vers un petit sommet à la vue impregnable sur les méandres de la John et de Wolverine Creek. Le soleil ne nous lachera plus ensuite pour les 5 jours de decente vers Bettles ou nous sommes arrivés hier avec 5 jours d’avance sur le planning.BrooksRange2014bis-1030207

A l’arrivée au vieux village abondonné de Bettles, nous croyions que notre trip était fini mais c’était sans compter sur les surprises Alaskanes. La « winter trail » de 9 km qui sépare le vieux et le nouveau Bettles s’est en effet vite transformé en cauchemar. Au dela des moustiques, que nous avions un peu oubliés au milieu de notre riviere, nous avons du traverser des marais gluants parfois avec de l’eau jusque la taille. Il fallait souvent porter Arthur à deux voir trois. C’est épuises que nous sommes arrivés juste à temps pour le souper et la douche au Bettles Lodge. C’est de là que je vous écris, avec à l’instant un excellent  »Southern Man » de Neil Young dans les baffles de la cuisine.

BrooksRange2014bis-1030187Ce matin mes 5 compagnons ont pris l’avion vers Fairbanks pour amorcer leur  retour vers la Belgique. Moi j’avais besoin de rester seul avec cet intense periple. J’ai décidé de retarder mon vol de retour de deux jours. Demain je me fais déposer au « Circle Lake », endroit prevu originellement pour notre « food drop ». J’ai 5 jours complets de « bush wacking »  devant moi pour explorer les différentes vallées des incroyables « Arrigetch Peaks » et ses big walls, ma foi bien tentant …BrooksRange2014bis-1020565

Merci Arthur, Thibaut, Thibault, Mathieu et Fix pour cette magnique aventure.
Je vous souhaite a tous une excellente reprise !

A bientôt !

Dom

 

 

BrooksRange2014bis-1030162

 

 

Reportage JT RTL-TVI 15 juillet

août 2nd, 2014 by domsny

J-5 : descente de la lys

juillet 9th, 2014 by domsny

‘Il y a deux types de personnes, ceux qui marchent sous la pluie et ceux qui sont mouillés » Thibaut Fievet

Merci

juillet 7th, 2014 by domsny

_FIL4215Arthur,

Dans 2 jours nous nous envolerons pour l’Alaska et c’est génial.

Je voulais, ce soir, te dire merci, merci pour tout ce chemin parcouru depuis notre première rencontre, merci pour toute cette énergie que tu rayonnes autour de toi. C’est carrément contagieux et l’enthousiasme que génère notre projet d’expé et de film n’en est pas le moindre des exemples.

Dans 3 jours nous nous retrouverons à 6, loin des journalistes et de facebook, en plein milieu des Brook Ranges, ses rivières, ses moustiques et ses grizzlies. Nous sommes prêts et nous allons vivre cette expé à fond. Cette année et demi de préparation ensemble nous a tellscreenshot_3209ement rapproché.

Je n’arrive plus à voir ton handicap tellement l’Amitié que tu as su imposer a pris le dessus. Jamais je n’ai rencontré quelqu’un qui m’aie autant « challengé » et fait grandir que toi. Jamais je n’ai vu quelqu’un fédérer autour de lui autant d’amitié et d’énergie. Et pourtant, tu as aussi tes fragilités et je ne veux aussi essayer de les entendre.

Vraiment je me réjouis profondément de cette expédition, même si nous savons que ce ne sera pas facile tous les jours et que nous devrons nous entraider pour aller jusqu’au bout de notre rêve.

screenshot_3210Merci Arthur ! Cette expé est déjà une réussite.

Merci aussi à vous Thibaut, Thibault, Mathieu et Fix d’avoir osé plonger avec nous dans cette aventure.

Allons-y.

Dom

Dernier entraînement avant le départ: descente de la Lys à Gand

juillet 6th, 2014 by domsny

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Ce samedi, nous avons descendu la Lys à Gand. C’était notre  dernier entraînement en prévision de la longue partie sur l’Alatna River qui sera plus calme et peut-être même avec du vent de face.

Découvrir Gand en packraft était aussi fabuleux. Merci à tous ceux qui se sont joints à nous pour cette magnifique journée.

 

Voici quelques photos: Diaporama de Geoffroy et photos de Thibault:

Intensification de l’entraînement à la marche et au packraft

juin 29th, 2014 by domsny

Vidéos  filmées et montées par Arthur et Tibaut.

Vive les vacances !

Le pouvoir des rêves n’a pas de limite

juin 29th, 2014 by domsny

Articles à paraître dans la revue « Ardennes et Alpes » du Club Alpin Belge:

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Le pouvoir des rêves n’a pas de limite
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Il y a deux ans, des étudiants de Louvain-la-Neuve m’avaient demandé d’expliquer la manière dont notre association Cap Expé encourageait l’organisation d’expéditions en tous genres. Après l’exposé, plusieurs étudiants sont venus me trouver avec mille questions. J’essayai de répondre à leur enthousiasme lorsqu’une voix timide a interrompu le flux de la conversation: “Avez-vous déjà fait des expés avec des moins valides ?” C’est avec ces mots que j’ai fait la connaissance d’Arthur. Ils m’ont transformé. Je n’étais jamais parti avec un « moins valide ».

Nous avons fait plus ample connaissance chez moi le lendemain autour d’un bon repas. Le courant est tout de suite passé. Arthur a eu un accident chez les scouts à 13 ans dans lequel il y  perdu l’usage de ses membres inférieurs. Moi, je découvrais un jeune gaillard de 19 ans, en chaise roulante certes, mais avec un appétit de vie communicatif. Il m’a convaincu et je lui ai proposé de nous accompagner dans la descente du Haut Allier (Auvergne) en packraft. Ses yeux se sont illuminés. Les miens allaient s’ouvrir et découvrir des choses qu’ils n’avaient encore jamais vues.

Au moment de charger tout sur les packrafts,  je lui ai dit : « Arthur, on doit laisser ta chaise dans la voiture, on se débrouillera avec tes béquilles. » Un nuage d’angoisse a traversé son regard mais cela n’a pas duré. Arthur est ainsi fait. Il se déplaçait difficilement avec ses béquilles mais nous pouvions l’aider, voir le porter. Il a fait confiance et a claqué le coffre de la voiture. Quelque chose allait se passer.

Nous avons descendu le Haut Allier à trois avec Mathieu, ce fidèle compagnon de tant d’aventures, moniteur ADEPS de kayak en rivière. Très vite, il est apparu que c’était moi qu’il fallait toujours attendre. Je dois l’admettre je suis plus à l’aise en montagne et sur des parois verticales que sur l’eau. Arthur, lui, était impressionnant dans ces rapides (http://capexpe.org/allier2012/). Ce furent trois journées magnifiques au bout desquelles Arthur nous a avoué que, sans sa chaise, il avait retrouvé des sensations de liberté qu’il n’avait plus ressenties depuis l’accident. Mais, surtout, une amitié aussi énorme qu’improbable avait vu le jour.

Ce n’était qu’un début et après délibération avec Mathieu, nous lui avons proposé de nous accompagner  en Alaska pour descendre deux rivières dans les Brooks Range au-dessus du cercle polaire. L’apogée de cet incroyable défis sera la partie de 70 km à faire à pied en passant un col entre les deux rivières.  Restait le moyen de passer avec Arthur. C’est là que sa réponse nous a laissé pantois. «  Je suis super chaud mais à une condition : je ne veux pas que vous m’aidiez pour le raccord de 70 km à pied. J’ai un an pour réapprendre à marcher. »

C’est ainsi que depuis plus d’un an, en plus de la compétition de handi-basket où il excelle, Arthur entraîne spécifiquement les quelques fibres musculaires qui lui restent dans les membres inférieurs avec un kiné tortionnaire. Nos balades d’entraînement dans le bois de Lauzelle à Louvain-la-Neuve se sont ainsi faites de plus en plus longues pour culminer dès janvier en une traversée de 14 km, en béquilles, des Fagnes wallonnes couvertes de neige.

Nous sommes 6 et  le 12 juillet prochain, nous nous envolerons pour l’Alaska et un périple de 4 semaines au milieu des caribous et autres Grizzlies. Cette expédition est d’ores et déjà une histoire incroyable.

Depuis des années avec Cap Expé, je prêche à tout qui veut l’entendre qu’il faut oser rêver, mettre ses rêves en musique et surtout suivre cet élan jusqu’au bout. Au contact d’Arthur, je suis passé de la rhétorique au mouvement, de l’escalade à la danse, de l’idée d’un possible à l’Amitié.

Nous sommes tous à un moment ou à un autre “moins valides”. Que ce soit la maladie, l’accident, la disparition d’un être cher, l’échec, le surmenage ou encore, simplement le poids des ans,  tous, un beau jour, nous abordons les grands espaces de nos fragilités. La plus grande des Expés peut alors commencer. C’est à cette expé-là que nous aimerions aussi vous convier. Au delà du challenge d’Arthur, il y a nos propres fragilités et surtout cette force que nous pouvons découvrir en nous pour les transcender. Le pouvoir des rêves n’a pas de limite.

Avec l’aide d’un ami cinéaste,  nous comptons ramener un film et raconter cette aventure humaine, vécue ensemble au cœur des grands espaces d’Alaska.

Vous trouverez plus d’infos à propose de notre expédition sur notre site web http://www.capexpe.org/alaska2014 et sur notre compagne de financement du film sur http://www.triangle7.com/Crowdfunding/ .

Dom

 

Leçons de Packraft par Mathieu

juin 26th, 2014 by domsny

Comment esquimauter en packraft:

Comment réparer un packraft déchirer par un Grizzly:

Préparation de l’expé

juin 23rd, 2014 by domsny

_FIL3982Plus que trois semaines et nous nous envolons pour l’Alaska.

La préparation avance bon train et l’excitation monte.

Ce weekend, certains d’entre nous se sont retrouvés pour une petit tour en Packraft et aussi pour bien rassembler, tester et emballer le matériel.

Vous trouverez quelques photos ici et aussi notre liste de matériel.

N’hésitez pas non plus à jeter un coup d’oeil sur nos  vidéos.

L’excitation monte…

 

De l’Autonomie à la Solidarité et au Sens

mai 11th, 2014 by domsny

Paul m’a appelé hier car sa nièce lui avait transféré le lien de notre Capexpé en Alaska qui commence à circuler sur facebook.

« J’ai vu le site du crowdfunding et la vidéo sur le Pouvoir des Rêve, c’est magnifique !  Dis à Arthur que je crois que je peux l’aider à mieux marcher. »

Paul est comme moi un grand amateur des grands espaces nordiques. Il est haptonome et travaille notamment avec des sportifs de hauts niveaux. En les aidant à mieux se situer et se visualiser dans l’espace pour anticiper leur mouvements et leurs interactions avec l’environnement réel, il les aide inerver des fibres musculaires supplémentaires pour une plus grande efficacité du geste. C’est exactement ce dont parle Michel Serres dans la vidéo et le texte que je vous propose dans l’article ci-après et sur lequel je suis tombé quelques heures après cette conversation.

Il me faisait la remarque suivante : « Nous vivons dans un monde où l’autonomie est déifiée au point de se transformer en un individualisme névrosé. » Les mythes de la performance et du corps parfait envahissent nos écrans, ces hublots dont parle Michel Serres et qui nous désincarnent en nous faisant souvent préférer notre fauteuil au mouvement, le virtuel au réel.  Petit à petit nous perdons toute lucidité.

Rien de tel pour la retrouver cette lucidité que de mettre la solidarité en mouvement.

Ce qu’il y a de génial avec cette expé en Alaska, c’est qu’Arthur, pour avancer vers l’autonomie, aura besoin aussi de la solidarité des autres membres de l’expé pour réaliser ses rêves, ne fut-ce que pour porter sa réserve de petits caleçons et la nourriture pour les ours. Fix de son côté, pour ramener toutes ces belles images remplies de sens, en aura aussi besoin pour une partie de son matos au moins.

Il y a quelques semaines, j’ai été chercher Arthur à son kot à Louvain-la-Neuve pour aller nous entraîner à marcher dans le bois de Lauzelle. En passant par le Blocry il m’a dit : « C’est fou mais il y ne fut-ce que quelques mois je n’aurais jamais osé marcher ainsi en rue avec des béquilles. T’as vraiment l’air con en déséquilibre permanent sur tes guibolles qui ne répondent plus tout à fait. Au moins en chaise roulante tu as un statut, tu es respecté et tu peux faire le king. En béquilles t’es juste un vieux tas difforme. » (Et pourtant, Arthur est un athlète de haut niveau. C’est même une star de Première Bundesligua de handi-basket …)

Pour avancer, réconcilions dans l’espace notre corps et nos sens.

Le corps qui associe les sens

mai 11th, 2014 by domsny

(Extrait de « Variation sur le corps » de Michel Serres, Philosophe, Académicien)

Avant l’aube, la course commence, l’escalade découvre l’espace. En avion, le voyageur, parfois écarquille les yeux à la dimension des hublots, pendant que, tassé sur le son fauteuil étroit, dans l’habitacle rapide, son corps dort. Voilà bien une vue de survol : aussi grand que se présente le paysage, dessous, il fait spectacle, comme au cinéma où les voyeurs restent assis et passifs dans une chambre noire, réduits au regard, seul actif dans une chair aussi absente qu’une boîte noire. L’œil vif au surplomb d’un organisme quasi mort donne des sensations presque incorporelles, abstraites déjà. Quand les mains, au contraire, serrent la roche jusqu’au sang, que la poitrine et le ventre, les jambes et le sexe restent parallèles à la paroi, que le dos, les muscles, les systèmes nerveux, digestif et sympathique s’engagent, ensemble et sans réserve, dans l’approche matérielle du relief en rapport de lutte apparente et de séduction réelle, de sorte que la pierre perd, au toucher, sa dureté pour gagner, aimée, une étonnante douceur, la vue, même large, perd la distance du survol et concerne tout le corps, comme si la totalité de l’organisme, devenu lucide, concourait au regard, pendant que les yeux noircissent un peu : ce qui, de haut, reste spectacle s’intègre alors au corps dont, en retour, la taille croit aux dimensions géantes du monde. L’ensemble des prises concourt à l’appréhension : saisie globale et crainte vague. Le voir se couche sur le tact. Si élastiques deviennent les tissus et les os que je crois toucher la vallée de mes doigts, à trois mille mètres au dessous de moi et, déjà,  le pic, avant d’y parvenir. Pendant que ma peau, extensible, s’applique sur le pays jusqu’à le recouvrir, l’âme contemplative ou théorique rapetisse et se réfugie, dormante, dans l’oubli de l’abstraction. Cette deuxième vue inverse bien celle du survol : l’œil vivant dans le corps mort produit la théorie, dans une sorte d’évidence ; la voit-il à l’envers, le montagnard dont le regard noircit dans un corps blanc qui, vivant, contemple, par serres et caresses, tout l’univers qu’il couvre à l’endroit ?

Le corps en mouvement fédère les sens et les unifie en lui. Car cette vision corporelle globale, ce toucher qui change la paroi de roc en chair, par une merveilleuse transsubstantiation, s’enchantent sans trêve, en l’absence de langage, de musique tacite. Pour réussir sans fatigue une course en montagne, même exigeante, il suffit, dans le silence, de ne jamais perdre quelque thème et variations : de l’oreille externe, ils envoient à sa voisine interne de précieuses assurances d’équilibre. Soutenu, ce chant inouï s’élève du corps, en proie au mouvement rythmé, cœur, souffle et régularité, semble sortir des récepteurs des muscles et des articulations, en somme du sens des gestes et du mouvement, pour envahir le corps, d’abord, puis l’environnement, d’une harmonie qui célèbre sa grandeur et y adapte le corps même qui l’émet, puis en regorge, comblé. Taciturnes depuis le commencement du monde, le ciel et la terre, l’ombre froide et la lumière mauve de l’aurore ensemençant de rose les aiguilles de roche et les couloirs de glace, chantent ensemble la gloire. Par le volume énorme se propage le jour. J’entends le divin envahir l’Univers.

 

Cliquez ici pour écouter Michel Serres lire le texte qui précède celui-ci

michelserres

Autres références à Michel Serres sur Cap Expe:

 

 

Le pouvoir des rêves

mai 11th, 2014 by domsny

 

screenshot_2870“As-tu déjà fais des expés avec des moins valides?”
C’est avec ces mots que j’ai fait la connaissance d’Arthur. Ils m’ont transformé.

Depuis des années avec Cap Expé, je prêche à tout qui veut l’entendre qu’il faut oser rêver, foncer, mettre ces rêves en musique et surtout suivre cet élan jusqu’au bout. Au contact d’Arthur je suis passé de la rhétorique au mouvement, de l’escalade à la danse et à l’Amitié.

Nous sommes tous à un moment ou à un autre “moins valides”. Que ce soit la maladie, l’accident, la disparition d’un être cher, l’échec, le surmenage ou encore simplement le poids des ans,  tous un beau jour nous abordons les grands espaces blancs de nos fragilités. La plus grande des Expés peut alors commencer.

C’est à cette Expé là que nous aimerions vous convier avec ce projet de film.

Au delà du challenge d’Arthur il y a nos propres fragilités et surtout cette force que nous pouvons découvrir en nous pour les transcender.

Soutenez-nous sur http://www.triangle7.com/Crowdfunding/

 

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Dom

Lancement de la campagne de Crowd funding

mai 9th, 2014 by domsny

La campagne de crowdfunding est lancée sur www.triangle7.com/Crowdfunding

Merci de nous soutenir.

Plus d’infos sur la page facebook du film sur notre page facebook

Présentation du projet

Entraînement dans les Fagnes

janvier 28th, 2014 by domsny

Voici une courte vidéo de notre entraînement en vue de notre expé en Alaska.

Ce weekend en effet, Thibault, Arthur et Dom ont profité des premières neiges pour traverser les Hautes Fagnes. Celles-ci offrent un terrain similaire à ce que nous risquons de rencontrer dans les Brooks Ranges en Alaska.

Test réussi pour Arthur !

Film de Fix sur la découverte de canyons au Canada

mai 2nd, 2013 by domsny

En guise de mise en bouche voici un lien vers le trailer du dernier film de François-Xavier (dit Fix).

Ce film sera présenté au festival de Banff en Belgique en mars.

Entraînement Packraft sur la Haute Lesse

avril 29th, 2013 by domsny

Avant de nous lancer dans ce projet de traversée à pied et en packraft des Brooks Range en Alaska, nous nous s’entraînons d’abord en Belgique. Voici une petite vidéo de notre descente de la Haute Lesse en pleine crue du mois de février.

Nous prévoyons aussi une traversée à pied des Fagnes (conditions similaires à ce que nous trouverons dans les Brooks Ranges) cet été et une autre descente de rivière dans le sud de la France à l’automne.

Expé en Alaska

avril 3rd, 2013 by arthur

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Salut, je m’appelle Arthur,

J’ai 20 ans et j’étudie la kiné à Louvain-La-Neuve. Il y a 4 ans, un accident chez les scouts m’a privé de l’usage des jambes. Depuis lors, j’ai décidé qu’il était primordial que je réalise mes rêves, que je relève des defis, peu importe mes difficultés. Finalement, des difficultés, on en a tous. C’est handicapant, pas vrai? Ce qui nous empêche de réaliser nos rêves, ce n’est pas notre manque de capacités mais notre peur de l’échec.

Aujourd’hui, j’ai un grand projet pour l’été 2014. Je voudrais traverser la Brooks Range en Alaska à pied et en packraft.

L’entièreté de la traversée devrait  prendre 3 semaines, peut être plus. Tout dépend de la manière dont je vais me débrouiller pour faire les 100 km de marche qui séparent la Rivière John de la Rivière Alatna. Je ne veux pas être aidé. Donc, actuellement, ce qui me paraît le plus réaliste est de realiser le trek au moyen de béquilles. Ca va me demander beaucoup de préparation mais je devrais pouvoir le faire.

Projet

Je souhaite partager cette experience avec un maximum de monde. Je voudrais que cette expédition inspire les gens et les incite à aller au bout de leurs rêves, quels que soient leurs difficultés, leurs peurs ou leurs handicaps. Pour que ce projet laisse une trace, nous allons produire un film avec l’aide de Fix De Ruydts. Fix est un ancien “Cap Expé” et photographe – cinéaste professionnel. Il nous suivra avec sa camera tout au long de l’expédition. J’aimerais aussi pouvoir faire avancer la recherche dans la mobilité assistée en joignant nos efforts à ceux d’un programme scientifique dont je partage les valeurs. Je suis encore à la recherche de partenaires.

Rendez-vous à la fiche technique de l’expé pour plus l’info.